Un tweet circule, assez factuel, presque exact, provenant de Pierre Januel :
“4 des 5 collaborateurs de François Ruffin travaillent également à Fakir le journal de Ruffin ou à la Sarl détenue par Ruffin.”
Libération et Le Figaro m’ont joint dans la foulée.

Alors, apportons ces précisions :

1 – Dès mon élection, et avant la signature des contrats de travail de mes collaborateurs, le 20 juillet exactement, nous avons contacté la “division de la déontologie et du statut de député”. Le déontologue n’était pas encore nommé. La directrice, néanmoins, a estimé “préférable que [mes assistants] soient également salariés par Fakir avec des fiches de poste claires et un temps de travail clair”.

2 – Aussitôt la déontologue nommée, nous avons pris rendez-vous avec elle. Ce mercredi 18 octobre, elle nous a rendu son avis: “Les règles déontologiques applicables en la matière n’impliquent pas que les collaborateurs renoncent à leurs activités privées. […] A cet égard, je vous suggère de déterminer clairement avec eux le temps de travail qu’ils consacrent au journal.”
Le moins qu’on puisse dire, donc, est que nous avons fait preuve de transparence et de prudence.

Quel est le souci, néanmoins ?
Pourquoi ce choix, pour Johanna, Sylvain, Vincent et Brigitte, d’un temps partiel à l’Assemblée nationale (4/5ème) et d’un autre à Fakir (1/5ème) ?
Les trois premiers forment mon équipe historique, depuis maintenant des années. J’ai une forte confiance en eux. Il allait donc de soi qu’ils m’accompagneraient dans mon activité principale, parlementaire. Mais ils sont, comme moi, attachés à l’aventure de notre bimestriel, ils souhaitaient continuer à enquêter, à écrire, à relire, etc.
On aurait pu convenir: “Ces tâches, ils les effectueront de façon bénévole.” Mais que nous aurait-on reprochés, et à assez juste titre ? De faire financer leurs postes à Fakir par l’Assemblée. D’où cette décision, en accord avec la déontologue. Pour combler ces départs, l’association a embauché deux équivalent temps plein (et recrutera sans doute encore).

Pour information: chacun de mes collabs’ perçoit 1336 € net par l’Assemblée nationale, et 345 € par Fakir. C’est mieux que leur boss (qui a commis l’ânerie de se payer au Smic…), mais au vu du travail que nous abattons ensemble, il n’y a là me semble-t-il aucun usage dispendieux des deniers publics.
Enfin, une correction au tweet initial: personne ne travaille à la Sarl les 400 clous. Co-productrice de Merci patron!, cette société (à but non lucratif, qui ne verse aucun dividende) n’a aujourd’hui aucune activité. Johanna Silva en est donc la gérante non-salariée.
Voilà.
Je crois que vous savez tout.

Dès le 20 juillet, donc, nous appelions le service déontologie, en toute transparence.
Le même jour, Edouard Philippe visitait en catimini le site Sanofi de Vitry, à l’initiative du lobby patronal “Le Cercle de l’Industrie.” Que se sont racontés le chef du gouvernement et le PDG Serge Weinberg? Le Premier ministre a-t-il évoqué la Dépakine, protesté pour que le labo participe à l’indemnisation des victimes ? On attend de leur part la même transparence, et pour les tweeters la même curiosité.